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_______________________________Actualités_______________________________

 

RESSUCITER LES BOUDDHAS DE BAMIYAN

Pascal Convert devant les bouddhas de Bâmiyân


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Artpress 434, le 3 mai 2016
par Catherine Millet

www.artpresse.com
Sélection officielle pour la Biennale de l’Entertainment de Venise

Petit bouddha de Bâmiyan

Autrefois, un commissaire, nommé pour ses compétences, était chargé de choisir le ou les artistes qui représenteraient la France dans le pavillon national à la Biennale de Venise. Ce choix avait le poids de l’engagement du commissaire et de la confiance du pays dans le ou les artistes dont il s’honorait de la reconnaissance sur la scène internationale.

Jusqu’au jour où la République, jugeant sans doute que le processus n’était pas suffisamment démocratique et retrouvant des réflexes de 1793, décida que c’en était assez des têtes qui dépassaient, qu’il fallait les couper, et instaura une commission de sélection renouvelable à la place du commissaire autocrate. Il arriva que cette commission désigne des artistes qui, si l’on peut dire les choses ainsi, s’imposaient par l’importance de leur oeuvre: Fabrice Hyber, Annette Messager, Christian Boltanski, Sophie Calle… Il arriva aussi qu’elle tombe dans le travers qui menace toute commission, celui de ne se mettre d’accord ni sur le meilleur, ni sur le pire, mais sur le plus moyen.

Et puis la République, désormais aux mains des diplômés en «management culturel», décida que des artistes élus sur la seule base de leur oeuvre accomplie, c’en était encore trop, que celle-ci comptait pour de la vase de lagune, qu’il fallait éradiquer ce résidu d’élitisme, et inventa donc le concours Lépine du pavillon de Venise. Les artistes sont désormais priés de postuler en constituant un dossier comme tout candidat à une bourse ou un stage, et de proposer un projet. Un jury jugera. Un vrai artiste, aussi torturé soit-il par le doute, est aussi quelqu’un conscient de la valeur de son travail et peut trouver quelque peu humiliant, on en conviendra, de se mettre dans cette position. C’est ce que deux commissaires et critiques, Nicolas Bourriaud et Éric Troncy, ont voulu dénoncer en prenant l’initiative de proposer que, pour la Biennale 2017, le pavillon soit confié à Bertrand Lavier, sans que celui-ci élabore le moindre projet. Pas sûr que leur ironie ait plu aux managers. Ce ne sont pas des gens qui apprécient l’inconnu.

Ce n’est pas tout. Le règlement du concours stipule que le postulant à la gloire nationale doit apporter la preuve de sa «capacité à associer des partenaires financiers ou logistiques extérieurs». Autrement dit, le pays veut bien le désigner comme son représentant à condition… qu’il paye pour ça. Les caisses de l’État étant présentement ce qu’elles sont, plus le projet sera soutenu par de puissants marchands et mécènes, plus il aura des chances d’être considéré. Aux fameuses catégories du jugement esthétique de Kant, ajoutons désormais : le pognon.

Le jury est censé retenir trois projets qui sont présentés au ministre des affaires étrangères et au ministre de la culture(1) auxquels revient le choix final. Cette année, le jury n’avait retenu que deux propositions, celle de Pascal Convert, environnement et sculptures de verre élaborées à partir des Bouddhas de Bâmiyan détruits en 2001 par les talibans(2), et celle de Xavier Veilhan, Merzbau musical, qui transforme le pavillon en salle de concerts (chorales locales et stars internationales nous annonce-t-on). L’un, donc, qui affronte le réel, l’Histoire, l’autre, selon le mot même de l’artiste, «festif»(3). Jean-Marc Ayrault et Audrey Azoulay, tous deux bien connus pour leur connaissance de l’art contemporain, ont tranché : ce sera Veilhan.

(1) Le ministère de la Culture et de la Communication, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et l’Institut français, sont les «opérateurs» du Pavillon français.
(2) Voir Le Monde du 25.04.2016 et Télérama du 30.04.2016. L’artiste travaille avec le soutien de l’ambassade de France à Kaboul.
(3) Voir le Quotidien de l’art du 02.05.2016 

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Le Monde, le 25 avril 2016

www.lemonde.fr

Le Monde Architecture

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Télérama, le 30 avril 2016

www.telerama.fr

Télérama

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TV5 Monde, le 1er mai 2016

www.tv5monde.fr

TV5 Monde

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Le Monde, le 1er mai 2016

www.lemonde.fr

Le Monde Architecture

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Publié sur l'Humanité.fr, le 1er mai 2016
Pascal Convert et la nécessité de donner présence à l’absence

www.humanite.fr

Parti en Afghanistan pour réfléchir à une oeuvre inspirée par la destruction des bouddhas de Bâniyân, voila quinze ans,
le plasticien est revenu plein de projets utilisant poésie et high tech. A suivre…
L’artiste nous a autorisés à publier des images inédites de son travail en cours.

Pascal Convert rentre d’Afghanistan. Il était invité par l’ambassade de France et l’Institut français à réfléchir à un projet artistique à l’occasion du quinzième anniversaire de la destruction, par les djihadistes, des bouddhas de Bâmyân. Il est rentré la tête pleine de projets. Dans l’un d’entre eux, pensé pour la Biennale de Venise 2017, l’artiste explique qu’à l’époque, le monde occidental n’a pas complètement pris la mesure de cet évènement qui, pourtant, s’inscrit dans une chronologie conduisant à la destruction des deux tours géantes de New York, sept mois plus tard exactement, le 11 septembre 2001 ». Pour lui, ces destructions « nous ont appris que le retour des conflits culturels, économiques et surtout religieux irait de pair avec une utilisation toxique de la puissance de synchronicité des images ».  
« Deux Bouddhas géants, deux tours géantes ». Pour l’artiste, une correspondance sensible s’établit entre les deux niches vides de Bâmiyân et les empreintes négatives des Twin Towers du Mémorial de New York.  « Prise dans une double figure gémellaire en miroir, la conscience du spectateur est médusée et reste enfermée dans une forme aiguë de présent, hors de l’histoire. L’objectif premier de « l’épuration culturelle » menée par les extrémistes islamistes n’est autre que de nous faire littéralement perdre la mémoire. Et avec elle, notre conscience » analyse-t-il  après avoir vu les voutes des sanctuaires maculées de noir de fumée et frappées d’empreintes de chaussures, pour mieux avilir l’ennemi. Pour lui, leur absence même rend ces traces encore plus puissantes. La violence de l’Histoire, qui a fait près de 3000 morts à New York, assassiné 300 civils Hazaras sur place, et on ne sait combien de milliers de civils afghans durant le régime de Talibans, s’inscrit en creux ». 

A la fin de la semaine dernière, les ministres des affaires étrangères et de la culture qui, de vingt quatre au départ, ne comptaient plus que deux artistes dans leur « short list », Pascal Convert sous le commissariat de Georges Didi-Huberman et Xavier Veilhan sous le commissariat de Lionel Bovier, ont tranché : Ont-ils pris peur face à la vision et à la profondeur de pareil projet qui met les pieds dans le plat des problèmes de politique étrangère et de migrations? Ils ont choisi Xavier Veilhan pour représenter la France à la 57° Biennale internationale d’Art Contemporain de Venise, qui se tiendra du 13 mai au 26 novembre 2017.   C’est un rhinocéros rouge qui a fait connaître le lauréat, ancien night cluber, qui se définit lui-même comme « un artiste de la surface » s’intéressant « aux signes extérieurs, à la mode et à une certaine futilité » et qui émet le désir d’être « transparent ». Si l’on en croit « Le Journal du Dimanche » qui, pour désigner son projet « Merzbau Musical », écrit qu’il consiste en « une installation dans tout le Pavillon français, animée par des musiciens de tous horizons », son vœux sera exhaussé. 

Quant aux bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan, c’est un peu leur deuxième mort. Car ce sont eux qui sont au centre du projet que présentait le plasticien Pascal Convert, connu, lui, pour avoir créé le mémorial  en hommage aux fusillés du Mont Valérien, dont la cloche évoque le tocsin au mort, ou aux Archives nationales, un damier aléatoire de plaques de verre lumineuses incitant à une déambulation mémorielle en vis-à-vis avec Jean Moulin, Marie Curie, Louise Michel, Jean-Pierre Timbaud ou avec les visages d’inconnus, de Roms, saisis par l’identité judiciaire… En attendant de pouvoir, un jour, poser à Venise, à mi-chemin entre New York et Bâmyân, deux blocs parallélépipédiques reprenant  les niches des deux bouddhas gisant, tels des fantômes, sous une masse de verre, Pascal Convert réfléchit à d’autres œuvres. Pour se rendre utile sur place, il veut refaire deux gisants de verre dans leurs niches, comme des tombes. La collecte d’images réalisées grâce à des drônes sera utile à la communauté scientifique. Quant au scanner total réalisé grâce à un appareil robotisé de la société Iconem, il nous immergera dans le grès de cette falaise de 1,5 kms de long, en préservant la mémoire. Autant dire qu’on n’a pas fini d’entendre parler des Bouddhas de Bâmiyân… 

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"Commence alors la grande lumière du Sud-Ouest"
Table-ronde avec: Pascal Convert, Georges Didi-Huberman, Jacques Henric, Nigel Saint et Didier Arnaudet

Retour en vidéo sur le site web "Permanences de la Littérature"

et également sur Viméo

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Pascal Convert sur France Culture
à propos de son dernier livre, La constellation du Lion (Grasset)


Du jour au lendemain émission présentée par Alain Veinstein et diffusée le 18 janvier 2014.

France Culture

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La constellation du Lion

le nouveau livre de Pascal Convert

sortie le 2 octobre 2013, aux éditions Grasset, 160 pages, 14€

Une mère, écrasée par l'ombre de son père, le Lion des Landes. Dans le Sud-Ouest de la France, les pages qui se tournent racontent une enfant élevée sans mère et qui ne sut jamais être mère à son tour, une jeune femme qui ne voulait pas grandir, une femme qui avait peur de mourir et qui a survécu plus de trente ans à son mari. Elle qui s'est avancée dans la vie, décousant avec soin ce qui aurait pu se tisser de rassurant et de protecteur autour de ses enfants, les livrant seuls face à ce gouffre d'absence, ces filiations trop lourdes, cette douleur diffuse.Une femme qui flottait, fille d'un père qui résistait. Comme une équation mathématique étrange. Un fils qui refait le trajet entre ces deux résistances conjuguées, résistance à l'envahisseur et résistance à la vie, ce grand écart entre solidité et solitude. De sa mère qui tenait un journal intime, Constellation, il a pris le goût de l'écriture et aussi, comme creusée, évidée, déchirée dans la mémoire, la conscience aiguë de ce qui ne lui a pas été donné. De son père, le bleu du ciel. De son grand-père, le refus des compromis et la volonté de construire. De quelle histoire est-on le dépositaire, de quels choix l'héritier ?

La constellation du Lion

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